Comment la liberté viendra-t-elle nous interroger dans la pratique artistique avec les enfants et les jeunes, les artistes et les enseignant·e·s.
Tout au long de l’année, professeur·e·s, artiste·s, élève·s ou un partenaires vous parleront de la Mgi et de la liberté.
En liberté #2 – Sylvain Levey auteur
D ans la pratique artistique avec les enfants et les jeunes, les artistes et les enseignant·e·s, comment la liberté viendra-t-elle nous interroger ? Quelques pistes pour travailler ensemble à cette question qui nous traverse tou·te·s.
Depuis un certain temps, les pédagogies alternatives[1] fournissent des repères à tou.te.s celles et ceux qui exercent le « métier impossible » qu’est celui d’éduquer[2]. Avec les mouvements d’éducation populaire, elles ont mis au cœur de leur projet la question de l’autonomie de l’enfant et de la « pratique de la liberté » [3].
Autorisons-nous à réaffirmer avec force et conviction que l’émancipation est l’objectif premier de toute éducation et a fortiori de l’éducation par l’art.
Interrogeons enseignant·e·s et artistes de la Maison (commune) du geste et de l’image où l’expérimentation du théâtre, de la vidéo, de la photo, du son, de la danse et des arts plastiques prend la forme d’un espace de jeu (et pour dire JE).
Explorons, avec les enfants et les jeunes, les chemins nombreux et sinueux pour s’élever par la pratique artistique. Nous les inviterons à nommer et à vivre la liberté, à l’âge où l’on pousse la chrysalide pour tenter de papillonner au monde et où l’expression des voix et des corps se confronte à l’Autre dans une quête urgente de soi.
Avec un principe : les expériences sensibles et réflexives, individuelles et collectives que traversent les jeunes dans la pratique artistique sont rendues possibles par un cadre établi conjointement par les artistes et les enseignant·e·s réuni·e·s par et à la Mgi. Ce cadre ouvre un espace-temps vide, celui de la liberté de l’expression, de la symbolisation, en gestes et en images, en mots et en sons, et de la création.
La liberté, objet et thème de travail ? Point de départ ou d’arrivée, résonances dans l’histoire, la philosophie, l’esthétique, la littérature, l’imaginaire de chacun, l’imaginaire collectif, notre thème de l’année offre une infinité de déclinaisons, de correspondances, d’explorations qui permettent à tous les enfants et les jeunes, de la maternelle à la terminale, de réfléchir, de partager, de converser, de jouer pour construire en coopérant des représentations artistiques de cette valeur inspirante.
Et au-delà, jeter des ponts avec d’autres constellations, les définitions en creux, évoquer la démesure, l’hubris, la toute-puissance, les censures, les entraves, les limites, l’asservissement volontaire, les addictions, autant de notions à interroger pour définir de quoi nous pouvons-devons-souhaitons nous libérer pour construire ensemble une citoyenneté vivante et durable.
Avec des auteur·e·s, des artistes, des philosophes, des chercheur·euse·s, des enseignant·e·s et l’équipe de la Mgi, les enfants et les jeunes seront invité·e·s à rêver des utopies et à dire leur désir de création et de liberté·s.
Avant de nous projeter vers l’année de l’Egalité, à vos plumes et bel envol !
Envoyez-nous les vôtres !
Merci d’avance.
L’équipe de la Mgi
[1] Célestin Freinet en premier lieu pour la dimension collective et coopérative de sa pédagogie.
[2] Freud parle des « trois métiers impossibles » (éduquer, psychanalyser et gouverner) pour la première fois en 1937 dans un article intitulé «.analyse sans fin, analyse avec fin » paru en français dans le tome 2 d’un ensemble d’articles intitulé « Résultats, idées, problèmes » paru aux PUF en 1987.
[3] Cf. Paulo Freire, L’éducation, pratique de la liberté, Éditions du Cerf, 1971

